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Que penser de l’allongement des missions d’intérim à 24 mois ?

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Deux ouvriers de l'industrie regardent un ordinateur portable

Longtemps synonyme de missions de quelques semaines, l’intérim s’installe parfois dans la durée. Avec des contrats pouvant légalement atteindre deux ans dans certaines situations, la frontière entre travail temporaire et emploi stable semble s’estomper. Une question se pose alors : cet allongement des missions est-il un tremplin vers la stabilité ou une précarité qui s’installe ?

Définition du cadre légal, avantages et inconvénients pour l’entreprise et l’intérimaire, on fait le point dans cet article !

Le cadre légal des 24 mois

Les missions d’intérim sont encadrées par la loi. Leur durée maximale est généralement fixée à 18 mois, renouvellements compris. Mais certaines situations permettent d’atteindre 24 mois (mission exécutée à l’étranger, départ définitif d’un salarié avant la suppression de son poste, commande exceptionnelle à l’exportation nécessitant des moyens inhabituels pour l’entreprise).

Des accords de branche étendus peuvent prévoir des durées différentes. Cependant, le recours à l’intérim ne doit pas avoir pour objectif de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise.

Le point de vue des entreprises

L’argument de la flexibilité est souvent avancé par les entreprises. En intégrant un intérimaire pendant 24 mois sur un projet long, elles disposent d’une main-d’œuvre adaptée à leurs besoins sans intégrer immédiatement le salarié à leurs effectifs permanents. Elles bénéficient également de l’accompagnement de l’agence d’intérim. Celle-ci reste l’employeur légal et assure la gestion administrative du contrat.

Une mission longue permet par ailleurs de conserver un salarié formé aux méthodes de travail, aux équipements et aux exigences de l’entreprise. Elle évite aussi de multiplier les recrutements et les périodes d’adaptation au poste.

L’intérim représente néanmoins un coût supplémentaire, notamment en raison des indemnités de fin de mission et de congés payés. Il peut toutefois répondre à un besoin temporaire que l’entreprise ne souhaite pas transformer en emploi permanent. Mais attention : il ne peut pas servir à contourner durablement le recours au CDI lorsque le poste répond à un besoin permanent.

Le point de vue de l’intérimaire

Travailler pendant 24 mois dans la même entreprise offre une stabilité appréciable. Le salarié bénéficie d’une continuité professionnelle, développe son expérience et peut plus facilement envisager des projets personnels. Sa rémunération comprend une indemnité de fin de mission (IFM), généralement égale à 10 % de la rémunération brute totale. A cela s’ajoute une indemnité compensatrice de congés payés (ICCP).

Jusque-là, cela semble avantageux, mais il faut prendre en compte certaines incertitudes. Malgré deux années de fiches de paie, obtenir un crédit ou louer un appartement sans un CDI peut rester difficile. De plus, la durée de la mission ne garantit pas une nouvelle proposition de contrat. Sans compter que l’intégration dans les équipes peut aussi poser question ! Après plusieurs mois, voire plusieurs années, l’intérimaire participe pleinement à la vie de l’entreprise, mais son statut reste différent de celui des salariés permanents. Ce décalage peut parfois peser sur son sentiment d’appartenance et sa reconnaissance.

De l’intérim long au CDI : un véritable tremplin ?

Une mission longue représente une période d’observation pour les deux parties. L’entreprise apprend à connaître les compétences et le savoir-faire du salarié, tandis que celui-ci découvre son environnement de travail et peut démontrer sa capacité à occuper durablement le poste.

À son terme, l’entreprise utilisatrice peut proposer un CDI à l’intérimaire. Les missions effectuées dans cette entreprise au cours des trois mois précédant l’embauche sont alors prises en compte dans le calcul de l’ancienneté et déduites de l’éventuelle période d’essai.

L’allongement des missions n’est donc pas nécessairement synonyme de précarité. Il peut offrir une expérience professionnelle enrichissante et ouvrir la voie à une embauche durable. Tout dépend finalement de la manière dont l’entreprise envisage cette collaboration et des perspectives qu’elle peut offrir au salarié.

 

Sources : ministère du Travail, Code du travail, Service-Public